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L’ITALIE CONFÉDÉRÉE
sion, le succès de cette grande entreprise. Son rapport à l’Empereur surles produits de l'industrie qui ont figuré dans l’immense bâtiment desChamps-Elysées est un chef-d’œuvre de patience et de méthode, de pro-fondeur et de lucidité. C’est un admirable et vaste travail qui est tout unlivre, tout un manuel d’économie sociale, également utile au publiciste, àl’homme d’Etat et au commerçant, et que l’esprit de progrès et de libertééclaire et échauffe tout à la fois de ses rayons lumineux.
Quelques mois après la Reine-Hortense emportait le prince Napoléon vers les rivages de l’Ecosse , de l’Islande et du Groenland , première stationd’un voyage inspiré par le goût de l’étude et l’amour de la science, et quidevait conduire le cousin de l’Empereur presque au milieu des mers po-laires. A son retour en France , il s'enferma dans le sanctuaire de la vieprivée, se dérobant à la politique pour se donner tout entier à l’art et à lascience. Je ne le suivrai pas dans ce sanctaire, je ne lç suivrai pas davan-tage dans son brillant passage au ministère de l’Algérie , où il a laissé deprofonds regrets et d’impérissables souvenirs, ni dans les missions quel’Empereur lui a confiées, tantôt auprès de l’empereur de Russie , tantôtauprès du roi de Prusse, ni dans son excursion à Limoges , qui fut uneovation. Mais je l’accompagnerai au tombeau du grand Frédéric, oùl'on crut voir apparaître, le soir où il vint y méditer sur le destin des em-pires et l’avenir des peuples, l’idéale figure, pensive et grave, de Napo léon 1 er ressuscité, figure si profondément gravée dans la mémoire despeuples.
En effet, la tète du prince Napoléon , c’est le portrait de l’empereurNapoléon 1 er , détaché de son cadre, son portrait vivant. C’est aussi son ardenteet active organisation, c’est aussi sa vaste et pratique intelligence. Il a lesmêmes goûts, les mêmes aptitudes, les mêmes qualités, les mômes dé-fauts; ainsi, quoique avec des allures vives et impétueuses comme sononcle, c’est un caractère calme et résolu, qui ne s’abandonne jamais, quijamais ne se livre, qui ne cède pas à la spontanéité, mais qui apporte unegrande fermeté dans tout ce que la réflexion et la raison lui ont fait déci-der. Son esprit se passionne cependant pour une idée, pour un principe,parce qu’il a des convictions sévères et profondes, qui sont sa religion po-litique et sociale. Mais, comme sa nature est toute positive, comme ilest porté de préférence vers les occupations utiles, comme le côté rationneldes choses l’impressionne et l’attire plus que leur côté spiritualiste, il adans son langage les rayonnements et les clartés d’éloquence qui per-suadent et qui saisissent, sans posséder cette faculté sympathique del'homme qui entraîne aisément, parce qu’il est facile à entraîner.
Économe et laborieux, comme son oncle, le prince Napoléon réunit,