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La division du général Ulloa, qu’on avait appelée primitivement le corpsdes chasseurs des Apennins , renfermait donc des représentants de toutel'Italie centrale . C’était déjà l'unité militaire de cette portion de la Pénin-sule indiquant ses tendances à l'unité politique. Mais, dès ce moment, il yeut deux partis dans la Toscane . Depuis que M. Boncompagni avait pris àFlorence la direction des affaires publiques en qualité de commissaireextraordinaire du roi de Sardaigne , on vit se former ce qu’on nommaitdans les correspondances du jour le parti piômontais de l'annexion enopposition au parti toscan de l'autonomie. Si M. Boncompagni eût été unFlorentin au lieu d’être un sujet de Victor-Emmanuel II , il est douteuxque l’on eût aussi vite oublié les sentiments qui animaient les membresdu gouvernement provisoire, lorsque, tout en acceptant, tout en sollicitantle protectorat momentané du roi de Sardaigne dans l’intérêt de l’indé-pendance italienne et de la patrie commune, il stipulait cependant enfaveur de l’individualité de la Toscane .
Admirablement secondé par le général Ulloa, qui, avec un trésor laissévide par le ministre de la guerre de la dynastie de Lorraine , était cepen-dant parvenu à couvrir toutes les dépenses que la réorganisation de l’arméetoscane avait exigées, le prince Napoléon déployait une merveilleuse acti-vité dans les dispositions générales qu’il était utile de prendre, d'abordpour la défense de lTtalie centrale, ensuite pour refouler les Autrichiensau delà des Apennins , enfin pour faire intervenir le cinquième corps avectous les volontaires italiens du centre dans les luttes qui se poursuivaientaux confins du Piémont et de la Lombardie .
Egalement préoccupée, dans son intelligente sollicitude, du bien-êtredu soldat, le 0 juin, Son Altesse Impériale était allée aux Cassincs passeren revue la cavalerie et 1 artillerie de son corps d’armée, qui y étaientcampées. La population de Florence s’était portée en foule sur cette déli-cieuse promenade. Il était cinq heures du soir. Dès que le prince Napoléon parut, à la tête de son état-major, composé de son chef d’étal-majorgénéral, de ses aides de camp, de ses officiers d’ordonnance et des offi-ciers généraux toscans, il fut accueilli par une immense et universelleacclamation de la foule, bientôt répétée par les troupes françaises, qui,après la revue, défilèrent devant Son Altesse Impériale.
Dans la soirée du même jour, le palais de la Crocetta, occupé par leprince Napoléon , présentait 1 aspect le plus animé. Les jardins de celtehabitation, illuminés à giorno, en verres reflétant les couleurs nationalesde France et d Italie , offraient un coup d œil féerique. On y voyait con-fondus dans une franche et étroite confraternité les officiers français ,toscans et sardes. L’excellente musique de l’un des régiments français n’a