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L’ITALIE CONFÉDÉRÉE
« Officiers, sous-officiers et soldats!
« Nos vœux sont comblés; je vous mène affronter l’ennemi. Quand onvoulut faire de vous l’aveugle instrument de l’Autriche , vous avez dé-daigné celte vile condition, et, répondant à la voix qui vous appelait sousle drapeau italien, avec une merveilleuse unanimité, vous vous ôtes levéstous comme un seul homme, criant : Vive l'Italie !
«Oui, soldats, vive F Italie! mais, pour que l’Italie vive, il faudrachasser l’Autrichien qui la foule encore. Il sera mis en fuite si vous savezcombattre sans peur, avec la ferme résolution de vaincre ou de mourir.Soldats! je suis sur de votre courage et de votre discipline, et je compteque vous rivaliserez avec vos frères du Piémont, avec vos amis de France .Le combat est proche. La victoire est assurée. En avant donc, l'Italie nous regarde. Vive l ltalie ! Vive Victor-Emmanuel ! Vive Napoléon ! »
Ce même jour, 18 juin, l’avant-garde du cinquième corps était à Vassa,dans le duché de Jlodène. Le 21, le passage des Apennins était effectué,et l’état-major général du prince Napoléon arrivait le 2ô à lîoscetto, etle 24 à Formoso; le 23, il entrait à Parme , où, le lendemain, 28, setrouvaient concentrées la division toscane, la division Ulrich, toute lacavalerie de cette division, toute l'artillerie du cinquième corps, seconcertant alors pour rejoindre, à l’extrême droite, les forces alliées,et prendre les Autrichiens en flanc.
On sait que, dans les deux duchés de Modène et de Parme , que lestroupes placées sous le commandement supérieur du prince Napoléon avaient à traverser pour aller retrouver le gros de l’armée alliée en sor-tant de la Toscane , des révolutions s’étaient accomplies depuis l’étatde guerre, qui avaient également placé toute la contrée sous le pro-tectorat dictatorial du roi de Sardaigne .
Le duché de Parme , tel qu’il était récemment constitué, comprenaitaussi le duché de Plaisance. La destinée de ces deux cités est commune àcelle de toutes les villes de la Ligurie , dont elles ont fait originairementpartie. Gouvernée par les Pmmains, puis par les Lombards, toute la con-trée fut un instant soumise à Charlemagne , qui la donna au saint-siège.Niais, à la faveur des luttes de l’empire et de la papauté, les deux citésprincipales élevées dans cette portion de l’Italie , Parme et Plaisance, seconstituèrent en républiques.
Au quinzième siècle, Parme et Plaisance tombaient sous le joug dupape Jules II . Après le pontificat de ce prêtre soldat, les Français et lesFIspagnols s’en disputèrent la possession. Mais ni les uns ni les autres ne