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XII
CONCOURS IiE LA MARINE
La marine française a connu, dans la campagne de 1839, la même dou-leur et le même regret que le cinquième corps. La paix a été concluequand l’heure était venue pour elle d’opérer contre Venise , qu’elle eûtsans peine arrachée des mains de l’Autriche , comme l’armée de terre eutemporté d’assaut les forteresses du quadrilatère, si on leur en eut donnéla glorieuse mission. Toutefois, le rôle passif de la marine française n’apas été sans utilité pendant cette campagne. Ce rôle est complètementrésumé dans un rapport adressé à Son Excellence M. l’amiral Ilamelin,ministre de la marine, par M. le vice-amiral Romain-Desfossés , comman-dant en chef l’escadre de la Méditerranée. Voici ce rapport :
« Vaisseau la Bretagne,Lossini Piccolo, le 25 juillet 1859.
« Monsieur l’amiral,
« Honoré par la confiance de l’Empereur du commandement en chefdes forces navales de la Méditerranée, je dois compte à Votre Excellencede la répartition et de l’emploi que j’en ai dû faire, d’après les termes devos instructions, au moment où elles ont eu pour mission spéciale de se-conder, dans la mer Adriatique , les grandes opérations de l’armée de SaMajesté.
« Ces forces navales comprenaient dix vaisseaux de ligne et quatre fré-gates à hélice; deux de ces vaisseaux et deux frégates se trouvaient déjàdétachés, sous le commandement particulier du contre-amiral Jurien de la Gravière , pour assurer le blocus effectif de Venise .
« Votre Excellence m’avait prescrit de laisser quatre vaisseaux et deuxfrégates en réserve à Toulon , sous les ordres du contre-amiral Jéhenne :c’était donc avec quatre vaisseaux, y compris la Bretagne , qui porte monpavillon, que je devais me rendre dans le golfe de Venise et y réunir les élé-ments divers de la flotte expéditionnaire.
« Le plus important de ces éléments, si l’on considère la nature des