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XIII
LA PAIX DE VILLAFRAXCA
C’était le 7 juillet; le cinquième corps était réuni au gros de l’arméealliée. 11 était trois heures du matin. Toutes les troupes franco-sardesétaient sous les armes, déployées à l’est de Peschiera , attendant l’ennemiqu’on annonçait s’avançant pour débloquer celte place et espérant unenouvelle bataille et une nouvelle victoire. A six heures, les troupes ren-traient au camp, sans avoir eu à brûler une seule amorce, et reprenaientleurs' positions respectives. Ces positions, les voici : les Piémontais, appuyéspar notre premier corps, assiégeaient Peschiera ; le deuxième corps avaitson quartier général à Monzambano ; le quatrième corps observait Vil-lafranca, l’ennemi venant de Vérone ; le troisième corps et la garde im-périale étaient à Valeggio; enfin le cinquième corps était placé en arrière,à Goïlo, sur la rive droite du Mincio, observant Manloue.
Le 8 juillet, l’armée alliée occupait donc une ligne admirablementdisposée pour forcer le quadrilatère, pendant que l’escadre française s’apprêtait à seconder les opérations de cette armée, en attaquant Venise du côté de la mer, mouvement qui devait avoir lieu le 15. Mais bientôton apprit, par l’ordre du jour suivant, qu’un armistice, préliminaire dela paix, avait été arrêté entre l'empereur des Français et l’empereur d’Au triche .
« Valeggio, 10 juillet.
« Soldats,
« Une suspension d’armes a été conclue, le 8 juillet, entre les partiesbelligérantes, jusqu’au 15 août prochain. Cette trêve vous permet de vousreposer de vos glorieux travaux, et de puiser, s’il le faut, de nouvellesforces pour continuer l’œuvre que vous avez si bravement inaugurée parvotre courage et votre dévouement. Je retourne à Paris et je laisse le com-mandement provisoire de mon armée au maréchal Vaillant, major général.Mais, dès que l’heure des combats aura sonné, vous me reverrez au milieuMe vous pour partager vos dangers. »
« NAPOLÉON. »