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Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
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1/ITALIE COM'K DLL LL

XV

RENTRÉE DES TUOUlf*

Une ville de guerre, ville de tentes, ville pittoresque cl animée, qui lutpendant une semaine entière un lieu de pèlerinage pour les habitants deParis , avait été improvisée à Saint-Maur , aux portes de la capitale. Cesl quétaient campées les troupes de la garde impériale et celles qui de-vaient représenter les premier, second, troisième et quatrième corps del'armée dItalie , dans la journée du 14 août, choisie pour la rentrée so-lennelle des vainqueurs de Magenta et de Solfcrino.

Dès la veille de cette journée de triomphe, Paris avait un aspect d'uneanimation extraordinaire, dun mouvement indescriptible. Accourues detous les points du pays, des populations innombrables se pressaient dansles rues et sur les boulevards, qui pouvaient à peine contenir cette foulejoyeuse. On eût dit que, tressaillant du même enthousiasme, la France entière avait voulu saluer le retour de ses enfants victorieux.

Le gouvernement, la ville de Paris , les particuliers, avaient rivalisé de zèlepour déployer sur le passage de larmée d'Italie les trophées, les colonneset les arcs de triomphe : à chaque fenêtre flottaient des drapeaux et des ban-nières ; à chaque pas des inscriptions rappelaient les plus nobles souvenirs.

Mais la véritable décoration de cette fête, celle que tous les yeuxattendaient, ce sont les drapeaux déchirés par les halles, ce sont les habitsportant la trace de glorieux services, ce sont ces soldats, ces officierstrempés par le feu des batailles, ce sont ces héroïques mutilés qui ar-rachaient des larmes et des bravos sur leur passage, ce sont ces amis, cesfrères, dans lesquels la France se contemplait et saimait, parce quonretrouvait en eux sa vivante image.

La diane avait battu au camp de Sainl-Maur le matin à trois heures etdemie ; les différents corps de larmée sétaient mis en mouvement, afinde se masser selon lordre prescrit pour leur entrée dans Paris .

Dès la pointe du jour, la foule avait commencé à se répandre à traversles rues et les boulevards, et prenait place sur le passage de larmée.A sept heures, les trottoirs contenaient déjà une haie serrée ; les fenêtres,