36 CAMPAGNE DE L’ARMÉErent et les poursuivirent vivement jusqu’au pontdu Diable (t), espérant y passer pêle-mêle aveceux, ainsi qu’au trou d’Uri. Le pont était dé-fendu par une ligne de retranchements couvertspar des chevaux de frise, et appuyée, d’une part,à la Reuss , et de l’autre, à des rochers à pic :néanmoins nos grenadiers y marchèrent en co»lonne et au pas de charge ; mais , s’étant trou-vés arrêtés par une coupure fort large , quel’ennemi avait pratiquée dans ce pont suspenduau dessus d’un abîme, ils se virent dans l’affreusenécessité de rétrograder sous un violent feu demousqueterie.
Le 2.9, au point du jour (16 août ) , on ve-nait de recouvrir la brèche du pont, et l’on sedisposait à marcher en avant, lorsque la colon-ne, conduite par le général Gudin, et venant dela vallée d’Urseren , arriva par la rive droite dela Reuss . Suspendons un instant notre récit, poursuivre cette dernière colonne dans sa marche.
(1) Le pont dn Diable sur la Reuss , à six lieues dupays (3 111 y ri a m êtres ) d’AJtorff, est d’une seule archeen plein ceintre de 8 mètres (24 pieds) d’ouverture, 5mètres ( i 5 pieds) de largeur, et 24 mètres (72 pieds)d’élévation au dessus du torrent. Le trou d’Uri ou Urner~loch, est un passage, taillé en voûte dans le roc, de 80pas de longueur, et peu éloigné du pont du Diable. C’està la sortie de ce défilé que commence la vallée d’ürseren.