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CAMPAGNE DE l’aRMEE
critiques où se trouvait alors la France , il fallaitne rien hasarder que le moins possible, et l’ondevait tâcher de ne porter que des coups cer-tains. Le général Masséna est donc bien digned’éloges d’avoir su vaincre l’ardeur naturelle deson caractère , et d’avoir différé de quelquesjours l’attaque générale qu’il méditait, afin den’opérer qu’après le départ du corps autrichienque l’Archiduc devait conduire sur le Bas-Rhin .
Le point de Dieltihon fut préféré pour celteopération, et avec raison. Ici la rivière formaitun icpli considérable dont la convexité se pré-sentant de notre côté, nous procurait l’avantagede pouvoir être protégés par les feux croisésd’une nombreuse artillerie, pour laquelle unplateau élevé en avant de Nider-Urdorff’, four-nissait une excellente position. La presqu’île dela rive droite, enfermée par le coude de la ri-vière , et où devaient aborder les premièrestroupes, était assez basse; un petit bois en cou-vrait la partie la plus avancée; ce bois était oc-cupé par des postes nombreux ; mais ces postesune fois repoussés où égorgés, il devenait pournous une espèce de tête de pont, d’où il eût étédifficile de déloger notre infanterie légère. Lelieu désigné pour l’emplacement du pont étaitcouvert par ce bois, et ne pouvait être vu de larive ennemie; l’ancrage y paraissait bon , et le