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HISTOIRE DES PAPES.
Après avoir ruiné son royaume, arrosé l’Italie du sang fran-çais; après avoir été fait prisonnier à Pavie , et avoir donnépour sa rançon deux millions d’écus d’or, les duchés deBourgogne, d’Artois et de Flandre, François I er mourutd’une infâme maladie qu’il avait puisée dans les bras de labelle Féronnière.
Henri II établit une chambre ardente contre les luthériensdu royaume, et assiste, entouré de sa cour, aux supplicesdes nombreuses victimes des fureurs catholiques : les mal-heureux protestants, attachés par une chaîne de fer à unepoutre qui jouait en bascule, étaient plongés dans des brasiersenllammés, ensuite cette machine infernale, se relevant d’elle -même, prenait un temps d’arrêt, et les replongeant dans lesflammes, renouvelait des souffrances épouvantables. Les crisaffreux d’un de ces infortunés frappèrent si violemment lameatroce de ce roi, que toute sa vie il en conserva des souvenirseffrayants qui le poursuivaient jusqu’au fond de ses palais.
François II règne quinze mois, et les supplices des héréti-ques continuent ; mais la rage succède à la patience : les pro-testants, qui s’étaient multipliés à la lueur des bûchers et sousle 1er des bourreaux, imitent enfin, par de justes représailles,les cruautés de leurs ennemis : des guerres civiles embra-sent la France ; une paix plus funeste que la guerre succèdeau carnage, et la barbarie, s’unissant à'Ja lâcheté, secouesur les peuples les torches du fanatisme.
L’inquisition est introduite en France : le conseil du roiet les parlements l’autorisent; le chancelier de l'Hospital , seulhomme de bien dans un siècle corrompu, s’oppose à l’é-tablissement de cet odieux tribunal.