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HISTOIRE DES PAPES.

[ 168 .]

Rome d’étendre son autorité sur les fidèles, et Anicet voulutobliger tous les chrétiens de sa communion à suivre cettepratique : ce fut la première violation des usages établispar les apôtres.

Cependant l’évêque de Smyrne résista au pontife et con-serva les privilèges de son siège : le saint-père fut obligé decéder, et ils convinrent de suivre les usages établis dans lesdeux églises : preuve évidente qu’alors on était persuadé quela diversité de sentiments au sujet des cérémonies extérieuresne devait jamais altérer le repos des consciences, ni servir deprétexte pour attaquer la doctrine reçue.

Saint Polycarpe prétendait que la discipline de l’Églisedevait être arbitraire, c’est-à-dire, qu’il était permis aux na-tions de servir Dieu selon les rites quelles jugeaient le plusconvenables à la majesté de l’Être suprême. Il paraît qu’onétait convaincu de cette vérité dans les premiers temps duchristianisme, et qu’on évitait de rompre les liens de la cha-rité pour des sujets qui ne rendaient personne criminel de-vant Dieu .

Le pontificat d’Anicet est illustre dans l’histoire ecclésias-tique par les hérésies monstrueuses qu’il eut à combattre. Ladoctrine de Basilide et de Carpocras, chefs des gnostiques,commençait à faire des progrès, malgré son extravagance : ceshérétiques soutenaient qu’on pouvait s’abandonner à tous lesplaisirs ; que les femmes devaient être communes ; qu’il n’yavait point de résurrection de la chair; et que le Christ n’é-tait qu’un fantôme : ils permettaient de sacrifier aux idoles et

de renier la foi chrétienne en temps de persécution.Une

pareille doctrine donnait de l’exercice au zèle de l’évêque de