[II. S ]
GRIMES DES EMPEREURS
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obligé par le devoir de sa charge de poursuivre la nouvelle re-ligion, écrivit à l’empereur une lettre dans laquelle il lui repré-sentait qu’on accusait les chrétiens de crimes atroces dont ilsétaient innocents. Il lui demandait également de quelle ma-nière il devait se conduire à l’égard de ces hommes, queles édits du prince condamnaient comme coupables. Trajan lui fit répondre : Qu’il ne fallait pas les rechercher ; maisque s’ils étaient accusés et convaincus d’être chrétiens, il étaità propos de les punir.
On faisait intervenir le crime d’état dans ces procédures,sous prétexte que l’empereur avait défendu les assemblées,et que les chrétiens violaient les lois du souverain.
Après la mort de Trajan, Adrien, surnommé Élius, filsd’une de ses cousines, obtint l’empire par les artifices de Plo-tine, qu’il épousa par reconnaissance. Au commencement deson règne, il fit brûler pour vingt-deux millions cinq centmille écus d’or, des obligations que le peuple devait au trésordu prince. II visita les plus belles provinces de l’empire, fitélever dans la Grande-Bretagne un mur de quatre-vingt millepas de longueur, avec des forts pour assurer les garnisonsromaines contre les habitants de l’île, qu’on n’avait pu sou-mettre. Changeant ensuite de conduite, il se retira à Tibur pour s’abandonner à la mollesse, et il fit mourir un grandnombre de citoyens par le fer ou par le poison.
Ce prince avait de grandes vertus et de grands vices ; il étaitlibéral, laborieux; maintenait l’ordre, la discipline; soula-geait les peuples, rendait la justice avec une grande appli-cation, et punissait rigoureusement ceux qui ne remplissaientpas fidèlement leurs devoirs. Il composa plusieurs ouvrages