HISTOIRE DES PAPES.
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se prosterner devant le pontife de Rome immédiatementaprès son élection, ni de lui baiser les pieds.
D’après quelques traditions, le saint-père introduisit l’u-sage de rafraîchir le saint chrême tous les ans le jeudi saint,et de brûler dans l’église celui de l’année précédente ; maisl’antiquité ne nous a rien conservé d’important ni de certainsur les actions de Fabien, ou sur les règlements qu’il fit dansl’administration de sa charge. Il excommunia Privât, évêquede Lambèse, homme d’une conduite scandaleuse et d’unedoctrine pernicieuse, qui avait déjà été condamnée en Afrique ,dans un concile de quatre-vingt-dix évêques. Nous nesavons quels dogmes enseignait l’hérésie de Privât, quifut éteinte avec lui ; et il serait à désirer que l’on ignorât demême la plupart des schismes qui ont bouleversé les églises.
Suivant l’histoire d’Eusèbe , l’empereur Philippe et sonfils étaient chrétiens, et les actes du martyre de saint Pontien affirment que l’évêque Fabien baptisa ces deux princes; maisil n’est pas vraisemblable que les soldats, les grands et lespeuples eussent souffert la domination de Philippe s’il avaitembrassé le christianisme; et d’ailleurs le sénat, composéd’ennemis jurés de la nouvelle religion, n’aurait pas misl’empereur au nombre des dieux de l’empire.
Après la mort de ces deux princes, Décius , qui leur suc-céda , vint troubler l’Église par une furieuse persécution quel’on compte pour la septième : plusieurs fidèles et le pontifeà leur tête reçurent la couronne du martyre, et d’autres, entrès-grand nombre, apostasièrent. Les auteurs indiquent lamort de Fabien en 255, mais des chronologies plus exactesla rapportent à l’an 250.