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I.
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HISTOIRE DE MARCELLIN.

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toujours les mêmes; toujours avares, ambitieux, débauchés,superbes, vindicatifs, brouillons; toujours ennemis du reposet de la véritable piété, toujours fourbes et dissimulés. C’estdu moins la pensée de Platine ; et ce que nous voyons dansnotre siècle doit nous convaincre de la vérité de ses accu-sations.

Cependant il se trouva encore de saintes âmes qui imitèrentle courage héroïque des soldats thébéens ; plusieurs fidèlesglorifièrent le nom de Jésus-Christ, et terminèrent leur viepar un douloureux martyre. Dioclétien le persécuteur décla-rait dans ses édits, qu’il était permis aux bourreaux d’inventerde nouvelles tortures contre les chrétiens : on se servaitpour les frapper de gros hâtons, de baguettes pliantes, defouets, de lanières et de cordes : ils étaient liés par les mains,attachés à des poteaux ou écartelés par des machines; ensuiteon les déchirait avec des ongles de fer, et on leur enlevaitles chairs des cuisses, du ventre et des joues. Les uns étaientpendus par une main, les autres étaient liés à des colonnes,sans que leurs pieds portassent à terre, afin que le poids ducorps tirât leurs liens et augmentât leurs souffrances : encet état ils subissaient les interrogatoires du gouverneur, etdemeuraient à la question des journées entières. Quand lejuge passait à d’autres patients, il laissait des officiers pourobserver ceux qui, cédant à la force des tourments, consen-taient à renier Jésus-Christ; et lorsqu’ils étaient trompésdans leur attente, les bourreaux serraient les liens sans mi-séricorde jusqu’à ce que les martyrs fussent prêts à rendrel’âme, alors on les détachait des poteaux et on les traînait parterre pour les faire revenir à la vie par de nouveaux supplices.