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HISTOIRE DES PAPES.
[III. S.]
lions à l’empire, et fit massacrer quarante sénateurs qui avaientfavorisé Albin son concurrent. Ensuite il s’occupa de la guerrecontre les Parthes ; il parcourut les diverses provinces del’empire, et fit construire en Angleterre un retranchement decent trente-deux mille pas de longueur. Il mourut à York l’an 212 de Jésus-Christ : au moment de sa mort, il fit venirauprès de lui ses deux fils Bastien et Geta , et il leur dit commedernier conseil paternel : « Mes enfants, restez unis, vivez» bien ensemble, et ne vous mettez point en peine du reste. »Ce prince avait de grandes vertus : il aimait la philosophie etles belles-lettres ; il ne pardonnait pas les moindres fautes,et sa sévérité retenait les officiers dans leur devoir ; il était hu-main et généreux, mais il montra trop de faiblesse pour safemme, dont il n’ignorait point les débauches, et qui avaitmême osé conspirer contre sa vie.
Septime Sévère laissa l’empire à son fils Antonin Bastien,surnommé Caracalla parce qu’il portait une longue robe à lagauloise. Ce prince, dès les premiers jours de son règne,ayant surpris l’impératrice sa mère dans un costume négligéet la gorge entièrement découverte, s’écria dans un trans-port amoureux : « Je le voudrais bien! s’ilmetait permis. »Cette impudique princesse répondit en ouvrant ses bras :« Vous le pouvez, mon fils, si vous le voulez; car il n’existe» point de loi pour les empereurs ni pour les rois. » Aussitôtses derniers voiles tombèrent, et ils confondirent leurs em-brassements dans un inceste monstrueux.
D’un caractère bas et féroce, Caracalla avait déjà tiré l’é-pée pour tuer son père : depuis, il assassina son frère Geta ,qui régnait avec lui, et fit enterrer vivantes quatre vestales