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HISTOIRE DE LIBERE.
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l’empereur de rendre le pasteur à son troupeau, les mena-çant de les quitter eux-mêmes pour aller chercher leur évê-que. Les sénateurs, craignant d’exciter la colère du prince,n’osèrent point tenter une démarche aussi audacieuse, etpermirent à leurs femmes de demander elles-mêmes la grâcede Libère : les dames romaines se présentèrent devant l’em-pereur, parées de leurs plus riches vêtements et couvertes depierreries, afin que le prince, jugeant de leur qualité par leurmagnificence, eût plus de considération pour elles.
Arrivées au pied du trône, elles se prosternèrent devantConstance, le supplièrent d’avoir pitié de cette grande ville,privée de son pasteur et exposée aux insultes des loups.Il se laissa fléchir : après avoir délibéré avec les évêques quil’accompagnaient, il ordonna que si Libère entrait dans leurssentiments, il serait rappelé et gouvernerait l’Église.
Fortunatien, évêque d’Aquilée , se rendit auprès de Li-bère pour l’engager à souscrire aux volontés de l’empe-reur : le pontife, fatigué de l’exil et désirant rentrer dansRome , s’empressa de donner son adhésion pleine et en-tière au troisième concile de Sirmium, qui avait publié uneprofession de foi en faveur de l’arianisme. Nous avons con-servé la lettre par laquelle il exprime qu’il accepte dans sonentier la formule hérétique des ariens. Il excommunia en-suite saint Athanase, le plus grand défenseur de l’Église, etcet exemple de lâcheté entraîna dans l’hérésie un grandnombre d’évêques.
Après cette honteuse apostasie, Libère écrivit aux évêquesd’Orient en ces termes :
« Je ne défends point Athanase ni sa doctrine; je l’avais