HISTOIRE DES PAPES.
[ 386 .]
âso
dans la ville sainte. « Lisez, dit-il, lisez l’Apocalypse ; vous» verrez ce qu’il est dit de cette femme vêtue d’écarlate, qui>) porte sur le front un nom de blasphème. Voyez la lin de» cette ville superbe : à la vérité elle renferme une église') sainte, où l’on voit les trophées des apôtres et des mar-» tyrs ; où l’on confesse le nom de Jésus-Christ et la doctrinew apostolique; mais l’ambition, l’orgueil, la grandeur, dé-» tournent les fidèles de la véritable piété.
» Lorsque jetais à Babylone , un des courtisans de cette» paillarde vêtue d’écarlate voulut avancer des erreurs sur» le Saint-Esprit; alors je fis mon ouvrage, que je dédiai au» pape : bientôt j’aperçus le pot bouillant de Jérémie, qui» commençait à s’enflammer du côté de l’aquilon : le sénat» des pharisiens se mit à crier contre moi; et tous, jusqu’au» plus petit clerc, conjurèrent ma perte. Alors je quittai» cette ville maudite et je revins à Jérusalem : j’abandonnai» les cabanes de Romulus, ces lieux infâmes, et je leur pré-» férai l’hôtellerie de Marie et la grotte de l’enfant Jésus. »
Vers le même temps, un concile de Rome condamna l’hé-résie de Jovinien : ce moine avait passé les premières an-nées de sa vie dans les austérités des couvents, jeûnant, vivantde pain et d’eau, marchant nu-pieds, portant un vêtementgrossier et travaillant de ses mains ; mais ensuite il était sortide son monastère près de Milan pour venir à Rome , où ilrépandit ses doctrines. Il prétendait que ceux qui avaientété régénérés par le baptême ne pouvaient plus être vaincuspar le démon; il affirmait que les vierges avaient moins demérites aux yeux de Dieu que les veuves ou les fem m esmariées ; enfin il enseignait que les hommes devaient manger