Band 
I.
Seite
257
JPEG-Download
 

[IV. S.]

CRIMES DES EMPEREURS.

257

comme elle ne revenait pas, les soldats impatients enfon-cèrent les portes, et trouvèrent son cadavre avec un poignarddans le sein.

Une vierge chrétienne d’Antioche , nommée Pélagie, samère et ses sœurs, se tuèrent également pour se délivrer dupéril où elles étaient exposées par l’impudicité de Maximin,collègue de Maxence.

La guerre fut enfin déclarée entre Maxence et Constantin :ce dernier s’approcha de Rome , et répandit une proclama-tion où il déclarait qu’il venait non pour combattre les Ro-mains, mais afin de délivrer la capitale d’un monstre quifaisait massacrer le peuple par les soldats prétoriens.

Maxence de son côté cherchait à se ménager la victoirepar des opérations magiques : il immolait des lions dansdes sacrifices impies, et faisait ouvrir des femmes enceintespour fouiller dans les entrailles des petits enfants et consulterles augures. Les oracles s’étant montrés défavorables, leprince effrayé quitta le palais avec sa femme et son fils pourse retirer dans une maison particulière; ensuite il fit sortirses troupes, qui consistaient en cent soixante mille hommesde pied et dix-huit mille cavaliers. Son armée ayant passé leTibre, rencontra celle de Constantin , forte de quatre-vingtmille hommes d’infanterie et d’environ huit mille chevaux.La bataille s’engagea d’une manière terrible. Mais au mêmeinstant une sédition violente s éleva dans Rome ; le peuple,indigné de la conduite de Maxence, que la superstition et salâcheté avaient retenu dans la ville, se porta dans le cirque,où le prince donnait des jeux publics pour célébrer l’anniver-saire de son avènement à l’empire, et fit entendre des cla-I. 17