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HISTOIRE DES PAPES.
[IV. S.]
attaquer et pour vaincre des ennemis également redoutablespar leur bravoure et par leur nombre ! quel courage et quellesagesse, pour tenir pendant plus de trente ans les rênes d’unempire qui était à l’encan ! quelle habileté consommée, pourgouverner en paix tant de peuples différents, et pour assurerleur bonheur en les soumettant à des lois équitables !
Le portrait de Constantin , envisagé sous son beau côté,nous présente des qualités brillantes, qui ont servi à met-tre ses défauts dans un plus grand jour.
Chrétien peu scrupuleux, il ne reçut le sacrement de bap-tême que peu d’instants avant sa mort.
Père dénaturé, il fit mourir son fils Crispus sur la simpleaccusation d’une marâtre intéressée à sa perte.
Époux inflexible, il condamna Fausta à être étoufféedans un bain. Enfin, politique cruel, il fit répandre le sangdu jeune Licinien, prince aimable, qui n’avait participé enrien aux crimes de son père Licinius , et qui restait l’uniqueconsolation de la malheureuse Constantia. Cette dernièrecruauté fournit une preuve évidente que le christianisme deConstantin était un reflet de sa politique : il avait besoin departisans pour résister à ses ennemis ; et comme les chrétiensétaient disposés à soutenir les intérêts d’un prince qui leurrendait la tranquillité, il les prit sous sa protection.
Après sa mort, ses enfants se partagèrent l’empire : Fla-vius Claude Constantin II eut l’Espagne , les Gaules, unepartie des Alpes, l’Angleterre, l’Irlande, les Orcades et l’Is-lande ; Flavius Julius Constant obtint l’Italie, l’Afrique et sesîles, la Dalmatie, la Macédoine, le Péloponnèse ou la Morée et la Grèce ; Flavius Julius Constance eut l’Asie et la Thrace ;