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HISTOIRE DES PAPES»
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comme un lieu d’asile inviolable pour un prêtre criminelet audacieux qui osait le braver jusque sur son trône. 11 or-donna au préteur, chargé d’arrêter les voleurs et les meur-triers, d’enlever Vigile de sa retraite, et appuya les offi-ciers ordinaires de justice par un détachement de soldats desa garde.
La troupe ayant pénétré dans l’église, les épées nues à lamain et les arcs bandés, s’avança pour saisir le pape, quis’était caché sous le maître-autel, dont il embrassait les pi-liers. Alors le préteur, sur le refus du pontife d’obéir auxordres du prince, fut obligé d’employer la violence ; il or-donna aux soldats de chasser les diacres et les clercs à coupsde hallebardes : on arracha le saint-père de l’autel, en letirant par les pieds, par les cheveux et par la barbe ; et commeil était grand et vigoureux, il rompit deux piliers de l’autel ;en sorte que si les clercs n’eussent soutenu la sainte table,elle serait tombée sur lui et l’aurait écrasé. Mais pendantl’arrestation, le peuple, appelé à la révolte par les prêtres,s’était rassemblé en armes : on attaqua le préteur avec furie,on chassa les troupes de l’église, et Vigile, délivré de leursmains, fut maintenu dans son asile.
Justinien , à son tour, fut obligé de proposer des voiesd’accommodement. Trois personnes de la cour vinrent enson nom représenter au pontife qu’en se réfugiant dans leséglises il avait fait un outrage à l’empereur, qu’il semblaitregarder comme un tyran. Elles l’engageaient à réprimer lefanatisme de ses prêtres, qui excitaient des révoltes et dési-gnaient le prince à la vengeance des peuples ; autrement, queJustinien , pour faire cesser les désordres, serait obligé d’em-