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HISTOIRE DE SAINT GREGOIRE I er .
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prouvait pas les louanges que l’auteur donne à Théodore deMopsueste . Ces lettres laissaient supposer qu’il ne croyaitmôme pas à l’existence d’Eudoxe , l’ancien chef des purs,dont la secte remontait au règne de Constantin ; préférant, parune bizarrerie inconcevable, encourir les reproches d’uneignorance grossière des écrivains sacrés et des pères, à lahonte de reconnaître pour hérétique l’une des plus grandeslumières de l’Église. Les actions de Grégoire établissentd’une manière si incontestable l’étendue de ses connais-sances, quelles forcent à rejeter sur sa politique les écartsde son esprit, et le montrent capable de tout oser pour con-server à la religion l’auréole de majesté dont il voulait l’en-tourer.
Étant simple abbé du monastère de Saint-André, Grégoireavait déjà employé tous ses efforts pour établir des missionsen Angleterre : lorsqu’il fut chef de l’Église, il mit ses pro-jets à exécution.
L’Angleterre était alors troublée par des guerres sanglan-tes : Ethelbert , qui régnait dans cette contrée, ayant fait de-mander en mariage Aldeberge, fille de Caribert, roi deFrance , le monarque avait répondu qu’il consentirait à unealliance avec lui lorsqu’il aurait renversé la puissance du roiCeolin, dont il était le vassal. Quelque temps après, Ethelbert ayant déclaré son royaume de Kent indépendant, s’unit eneffet à la fille du monarque frank. La jeune princesse étaitchrétienne, et comme il est dans la nature de l’homme decéder aux influences des femmes, le roi montra bientôt desdispositions favorables pour la religion nouvelle : Aldebergeen instruisit aussitôt la cour de Rome; et des missionnaires