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[VII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 227

siècle. Après la sanglante exécution de l’empereur Mauriceet de ses fils, le tyran Phocas, seul maître dans Constanti-nople , ne cessa de poursuivre de ses proscriptions les parentset les amis du prince qu’il avait détrôné. Ses violences s’é-tendirent sur les citoyens opulents, dont le seul crime étaitde posséder des richesses qui tentaient sa cupidité, ou deremplir des charges dont il redoutait l’importance ; et chacunde ses jours était marqué par les supplices des seigneurs, desecclésiastiques ou des magistrats. Alors tous les citoyensvertueux s’enfuirent de la cour de ce monstre, quittèrentprécipitamment Byzance , et laissèrent le trône sans guideset sans défenseurs.

Le roi des Perses, Chosroës II , profitant de la faiblessedans laquelle se trouvait l’empire, déclara la guerre à Phocas ;il s’empara des villes de Damas , de Marde, d’Amida, d’É-desse, de Mabug; il conquit la Mésopotamie, la Syrie et laPalestine; enfin son armée ayant pris d’assaut Jérusalem , ilsaccagea toutes les églises, passa au fil de l’épée quatre-vingt-dix mille chrétiens, et emporta la croix du Sauveur dans lacapitale des mages.

Pendant ces expéditions sanglantes, l’empereur grec pas-sait les nuits plongé dans d’infâmes débauches, et payait sescourtisanes avec l’or que ses exactions arrachaient à ses vic-times. Sa tyrannie abominable souleva la haine universelle;et le peuple, ce véritable dispensateur des couronnes, vintcrier jusque sur les marches du palais : « Mort au tyran Pho-» cas, qui ruine l’empire par ses exactions! » La voix dupeuple est toujours la voix' de Dieu et le signal de la mort destyrans. Priscus lui-même, gendre de l’empereur, partageant la