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II.
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HISTOIRE DES PAPES.

[ 809 .]

» car nous-même nous avons été induit en erreur et nous» demandons pardon à Dieu d’avoir accepté autrefois les» présents de ce prêtre débauché. Les ecclésiastiques de» votre cour ont été gagnés par l’or de Fortunat, et ceux qui» ont osé le défendre répondront devant Dieu des désordres» qu’il commettra dans le diocèse que vous m’avez ordonné» de lui confier. »

L’année suivante un nouveau concile fut tenu à Aix-la-Cha-pelle , par ordre de Charlemagne, pour déterminer les attri-butions du Saint-Esprit; Bernard, évêque de Worms, etAdélard, abbé de Corbie, furent envoyés à Rome pour re-mettre au pape les décisions du concile, formulées par Sma-garde, abbé de Saint-Michel à Verdun , et dans lesquelles lesPères avaient prouvé par les saintes Écritures et par les opi-nions des anciens que le Saint-Esprit procède du Fils commedu Père. Les députés du monarque présentèrent leurs in-structions à Léon et entrèrent avec lui dans de grandes con-férences, sans parvenir à lui faire approuver les décisions dusynode français .

Mais le saint-père conservait toujours dans les discussionsune douceur et une modestie exemplaires, se bornant à réfu-ter les questions qu’il ne trouvait pas justes. Il convenait aveceux qu’il ne lui était pas permis de se prononcer contre lesusages des autres églises, et qu’aucun homme ne pouvaitavancer une opinion positive sur des matières religieuses quirenferment toujours des mystères incompréhensibles. « Les» saintes ténèbres dont le Christ a voilé ses mystères, ajou-» tait le pontife, sont trop épaisses pour que l’on puisse en-» treprendre de les dissiper ; il faut s’en tenir aux choses