[VIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 391
au commandant des troupes et au gouverneur du Bosphore de Scythie qu’ils devaient faire massacrer le prince au pre-mier ordre qu’ils recevraient de Constantinople .
Théodora fut avertie du complot par un serviteur dévoué,et en prévint aussitôt son mari : Justinien à l’instant même fitcomparaître devant lui le gouverneur et le capitaine ; il leurreprocha leur trahison, et les fit étrangler dans son palais.Après cette exécution, il renvoya sa femme au khan et s’em-barqua à Tomis. Arrivé en Bulgarie , le prince demanda dusecours à Terbelis , roi du pays, lui offrant sa fille Zagora enmariage pour prix de son alliance : le barbare, "Séduit par labeauté remarquable de la princesse, accepta ces proposi-tions, mit sous les armes tous les gens de guerre dont il pou-vait disposer, et marcha avec son beau-père sur Constan-tinople .
En trois jours ils arrivèrent sous les murs de la ville, etformèrent leur camp devant le château de Blaquernes : leshabitants ayant refusé de reconnaître Justinien , la ville futdéclarée en état de siège. Après un mois de blocus les troupespénétrèrent dans les murs par un aquéduc : le palais deBlaquernes fut emporté d’assaut; Héraclius , père de l’usur-pateur, qui commandait le château, fut pendu sur les mu-railles, et Apsimare lui-même tomba au pouvoir du vain-queur. Justinien, maître de Constantinople , fit arracher deson cachot l’infortuné Léonce, qui autrefois l’avait renversédu trône ; il le fit enchaîner au bras d’Apsimare, et tous deuxfurent livrés en spectacle au peuple dans un simulacre decombat : enfin ils furent décapités par la main du bourreau.
Terbelis , qui était resté dans son camp sous les murailles de