Band 
III.
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HISTOIRE DES PAPES.

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Benoît III fut déclaré, par les suffrages unanimes, dignedoccuper la chaire de saint Pierre ; aussitôt le clergé se ren-dit à la basilique de Saint-Calliste pour chercher le nouveaupape et le conduire au palais de Latran . A larrivée des évê-ques, Benoît, qui était à genoux et occupé à faire ses prières,se leva pour les saluer ; mais dès quil eut appris sa nomi-nation à la suprême dignité de lÉglise, il tomba à genoux de-vant eux, et sécria en versant des larmes : « Je vous en sup-» plie, mes frères, ne me tirez point de mon église; mon» Iront nest pas capable de supporter le poids de la tiare. »

Malgré ses prières, le peuple le porta en triomphe au palaispatriarcal, et il monta sur le trône de lapôtre au bruit desacclamations générales. Après cette cérémonie, on rendit ledécret délection, qui fut envoyé à lempereur Louis II par deuxdéputés, Nicolas , évêque dAnagnia , et Mercure, maître dela milice romaine.

Sur leur route, les ambassadeurs rencontrèrent Arsène,prélat dEugubio, qui les détournant du parti de Benoît, leslit entrer dans une conspiration qui avait pour but délireAnastase, prêtre ambitieux qui précédemment avait été dé-posé de ses fonctions sacerdotales par Léon IV ; les légats dusaint-siège, séduits par les promesses d'Anastase, revinrenten Italie , annonçant que le monarque français avait refuséde ratifier lordination de Benoît, et quil sétait réservé den-voyer des commissaires chargés de ses ordres.

En effet, les députés de Louis II arrivèrent dans les états delEglise et sarrêtèrent à Ilorta, ville située à quarante millesde Rome , pour conférer avec Anastase. Le saint-père, instruitde leurs dispositions hostiles, leur adressa des lettres pleines