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peuple et le clergé se rendaient au temple en procession, lessoldats se précipitèrent sur cette multitude fanatique, quiprit aussitôt la fuite; les croix furent brisées et les bannièresdéchirées; au milieu du tumulte, une croix admirable, quiavait été offerte «à Saint-Pierre par sainte Hélène, et qui ren-fermait, disait-on, du bois de la vraie croix, fut jetée dans laboue et foulée aux pieds par un officier.
Nicolas, pendant cette collision, s’était tenu caché dans lescaves du palais de Latran ; mais comme il redoutait d’être dé-couvert, il se fit conduire, la nuit suivante, par le Tibre , à l’é-glise de Saint-Pierre, et resta caché deux jours entiers dansles tombeaux des apôtres. Néanmoins ses affidés agissaientdans l’ombre, et le poison devait bientôt venger le pontife :dès le troisième jour, l’officier qui avait brisé la croix de sainteHélène était mort subitement d’un mal inconnu, le corpscouvert de taches noires. L’empereur lui-même fut attaquéd’une lièvre violente, qui plongea dans une sombre conster-nation tous ceux qui l’entouraient, et particulièrement l’im-pératrice.
Le clergé romain proclama que ces malheurs étaient en-voyés par. Dieu pour punir les coupables qui outrageaientson Église : le peuple, ignorant et superstitieux, cria au mi-racle; l’impératrice elle-même, frappée de crainte, alla trou-ver secrètement le pape, et le supplia de venir auprès deLouis, pour que Dieu lui rendît la santé.
Après avoir pris toutes les précautions nécessaires à sasûreté, Nicolas se présenta devant l’empereur, et eut aveclui une longue conférence. Ce prince, affaibli par les souf-frances de sa maladie, épouvanté des menaces du saint-