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rain pontife. Malheureusement les grands biens de ce mo-nastère avaient été aliénés par des concessions libellatiques,par les usurpations des seigneurs voisins, et surtout par lesdilapidations de l’évêque de Pavie, qui depuis avait été élevéà la papauté sous le nom de Jean XIV ; Gerbert fut obligéd’apporter tous ses soins à l’administration des biens du cou-vent pour réparer les malversations de ses prédécesseurs.
Après la mort d’Othon II, l’Italie resta livrée à l’oppres-sion de plusieurs tyrans, auxquels chaque église était forcéede se soumettre, si les évêques ne voulaient pas être obligésde lever des troupes et de fortifier des places pour leur ré-sister à main armée.
Gerbert , pour ne point assister à un spectacle aussi affli-geant , quitta son abbaye et vint à Reims , auprès du métro-politain Adalbéron , qui avait pour lui une grande affection.Néanmoins il resta toujours attaché à Othon III, et il soutintles intérêts du jeune empereur contre les entreprises du ducde Bavière et du roi Lothaire. Les lettres qu’il écrivit auxprélats de Liège , de Metz , de Trêves et de Mayence , démon-trent que la cour d’Allemagne n’avait pas à cette époque departisan plus zélé que lui.
Malgré la part active que Gerbert prenait dans les affairespolitiques, il continua à cultiver les sciences, et prit la direc-tion de l’école de Reims ; le roi Robert, fils de Hugues Capet ,fit même ses études sous cet illustre professeur. Il nous restede cette époque une lettre adressée à l’impératrice Théopha-nie par Adalbéron , dans laquelle il demandait un diocèse pourGerbert : cette démarche n’eut aucun résultat favorable.
Dans la suite, l’abbé de Bobio revendiqua le siège de