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Naples , et donna au comte de Saint-Severin le titre de vice-roi , avec l’autorisation de faire immédiatement la conquêtede ses nouveaux états. De son côté la veuve de Charles de Duras , la belle Marguerite, avait fait reconnaître par lesétats du royaume, Lancelot , son fils, âgé de dix ans, commesouverain légitime, et s’était fait donner la régence. Déjà elleavait réuni des forces imposantes pour résister aux Français ,et les provinces n’attendaient qu’un ordre du saint-père pourembrasser son parti ; ce qui en eût infailliblement assuré letriomphe en même temps que celui d’Urbain. Mais toutes sestentatives de rapprochements avec la cour de Gênes échouè-rent devant l’opiniâtreté de ce vieillard implacable; il re-nouvela contre Marguerite et contre toute sa famille lesanathèmes et les malédictions qu’il avait tant de fois pro-noncés, et déclara que Naples n’avait pas d’autre roi que luiUrbain VI , chef suprême de l’Église. Il publia ensuite unecroisade contre les deux enfants, au nom desquels desambitions rivales se disputaient le trône de l’impudiqueJeanne.
En dépit des anathèmes du pape romain, les Français poursuivirent leur marche et s’emparèrent de Naples , où ilsfirent reconnaître l’autorité de Clément YII. Encouragé parce premier succès, celui-ci voulut joindre à la puissance desarmes l’autorité des miracles et des prophéties ; il choisit àcet effet un malheureux idiot qu’il fit conduire à Gênes , etqu’on instruisit du rôle qu’il avait à remplir. Un jour deconsistoire on le fit entrer sous un froc d’ermite dans le palaisd’Urbain, et en présence des magistrats de la république etd’un nombreux clergé, il répéta la leçon qu’on lui avait ap-