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[ 1386 .]

HISTOIRE DURBAIN VI .

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Naples , et donna au comte de Saint-Severin le titre de vice-roi , avec lautorisation de faire immédiatement la conquêtede ses nouveaux états. De son côté la veuve de Charles de Duras , la belle Marguerite, avait fait reconnaître par lesétats du royaume, Lancelot , son fils, âgé de dix ans, commesouverain légitime, et sétait fait donner la régence. Déjà elleavait réuni des forces imposantes pour résister aux Français ,et les provinces nattendaient quun ordre du saint-père pourembrasser son parti ; ce qui en eût infailliblement assuré letriomphe en même temps que celui dUrbain. Mais toutes sestentatives de rapprochements avec la cour de Gênes échouè-rent devant lopiniâtreté de ce vieillard implacable; il re-nouvela contre Marguerite et contre toute sa famille lesanathèmes et les malédictions quil avait tant de fois pro-noncés, et déclara que Naples navait pas dautre roi que luiUrbain VI , chef suprême de lÉglise. Il publia ensuite unecroisade contre les deux enfants, au nom desquels desambitions rivales se disputaient le trône de limpudiqueJeanne.

En dépit des anathèmes du pape romain, les Français poursuivirent leur marche et semparèrent de Naples , ilsfirent reconnaître lautorité de Clément YII. Encouragé parce premier succès, celui-ci voulut joindre à la puissance desarmes lautorité des miracles et des prophéties ; il choisit àcet effet un malheureux idiot quil fit conduire à Gênes , etquon instruisit du rôle quil avait à remplir. Un jour deconsistoire on le fit entrer sous un froc dermite dans le palaisdUrbain, et en présence des magistrats de la république etdun nombreux clergé, il répéta la leçon quon lui avait ap-