n HISTOIRE DES PAPES. [XIV. S.]
Il fut enterré à Saint-Denis, dans les premiers jours dejuin 1316.
Philippe Y, surnommé le Long, à cause de sa grande taille,se trouvait à Lyon , occupé de l’élection d’un pape, lorsqu’ilreçut l’heureuse nouvelle de la mort de son frère ; il se ren-dit en grande hâte à Paris , et convoqua immédiatement leparlement pour se faire reconnaître gardien de l’état et cura-teur au ventre de la reine, qui se trouvait malencontreuse-ment enceinte. La jeune veuve mit au monde un enfant mâle,appelé Jean, qui mourut empoisonné, huit jours après sanaissance. Débarrassé de son pupille, le régent n’hésita pointà se déclarer roi par le droit de la nation, malgré la viveopposition de Eudes IV, duc de Bourgogne, qui revendiquaitla couronne pour sa nièce Jeanne, fille de Louis le Hutin et de Marguerite, soutenant que par le droit naturel commepar le droit civil, elle devait succéder à Jean, son frère, ainsiqu’il arrivait des grands fiefs, qui tombaient presque tous delance en quenouille.
Pour résister au parti puissant qui s’était formé contrelui, et dans lequel on comptait plus de trente princes dusang, Philippe se fit sans délai sacrer à Reims , en présence dequelques grands du royaume, et notamment de la comtesseMathilde, souveraine de l’Artois, qui assistait à la cérémonieen qualité de pairesse de France . Immédiatement après, ilconvoqua une assemblée de seigneurs, de prélats, de no-tables et de docteurs ou maîtres de l’Université, et fit dé-créter la loi salique, qui rendait les femmes inhabiles à suc-céder au trône. Son usurpation se trouvant ainsi légitimée,Philippe se fit prêter serment de fidélité par les grands