110
HISTOIRE DES PAPES.
[U06.]
Malgré la brillante péroraison du légat, les membres duconseil prononcèrent la condamnation du saint-père, et dé-clarèrent que la France se retirait une seconde fois de l’obé-dience de Benoît. En conséquence on publia l’arrêt suivant :« A tous faisons savoir que les officiers de Benoît ne recevront» plus les annates ni les revenus des prélatures ou des di-» gnités vacantes ; qu’ils doivent cesser dès à présent de pré-» lever les décimes sur les Églises et de réclamer des subsides» sous quelque prétexte que ce soit. Défense aux cardinaux» et aux chambellans de recevoir, de prendre ou d’exiger la» moindre somme jusqu’à la tenue du concile national qui va» être convoqué pour terminer le schisme. » Cette ordon-nance était à peine rendue, qu’on apprenait en France lamort d’innocent VII. Les légats de Benoît avaient rempli leurmission.
Le concile national s’assembla néanmoins à Paris , et con-firma la décision qui avait été prise relativement à la cessiondu saint-siège.
Avant de se séparer, les Pères adressèrent, au nom du roi,une lettre synodale aux cardinaux romains, pour les prierde différer l’élection d’un autre pape ; mais déjà le sacré col-lège s’était réuni en conclave, et avait proclamé le cardinalAngelo Corario souverain pontife sous le nom deGrégoire XII.
Ce funeste empressement des prélats italiens mécontenta lesévêques français et prolongea le schisme, en ralliant à Benoîtdes partisans qui s’étaient détachés de sa cause.