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HISTOIRE DES PAPES.
[1406.]
» sur l’hostie consacrée, dans le cas où je serais élu pontife, de» renoncer à ma dignité si le pape d’Avignon consent à faire» cession, ou si la mort vient le frapper, ou seulement si les» cardinaux de l’une et l’autre obédience se réunissent. »
Ses premières démarches répondirent encore aux espé-rances qu’on avait placées en lui ; car le jour de son exalta-tion, après avoir subi les épreuves de la chaise percée, ilrenouvela le serment solennel qu’il avait fait précédemment ;et en présence des cardinaux et de toute la cour, il s’exprimaen ces termes : « Anathème aux schismatiques, quelles que» soient leur puissance et leur dignité ! anathème sur eux !» anathème sur moi, si je n’emploie pas tous mes efforts» pour faire cesser la déplorable division qui fait les mal-» heurs et la honte de la chrétienté! Oui, mes frères, je jure» du haut de la chaire de vérité que je me rendrai dans le» concile qui sera convoqué pour réunir les deux obédiences,» malgré mon âge et mes infirmités, et en quelque lieu qu’on» s’assemble; si je n’ai point de galère, j’affronterai la mer» sur une barque; si je n’ai point de chevaux, j’irai à pied, un» bâton à la main. »
Afin de donner plus de force à ses paroles, il lut publi-quement une lettre qu’il adressait à Benoît pour l’engager àrenoncer avec lui au souverain pontificat, et à se soumettrel’un et l’autre à une nouvelle élection.
Benoît XIII , qui se trouvait à Marseille , reçut les dé-putés avec de grands honneurs; il parut disposé à suivrel’exemple de Grégoire, et consentit même à avoir une entre-vue avec son rival dans la ville de Savone .
Alors Grégoire jeta le masque d’hypocrisie qu’il avait