[ 1595 .]
421
Henri, qui songeait déjà à solliciter à Rome son divorced’avec la reine Marguerite, s’empressa d’envoyer Arnaud d’Ossat et du Perron, avec le titre de plénipotentiaires, pourdébattre avec Clément VIII les conditions de sa réconciliationavec l’Église. Mais dans l’intervalle, les Espagnols ayantobtenu quelques avantages contre les troupes françaises, etayant même réussi à prendre Dourlens sur l’amiral Villars,qui fut égorgé de sang-froid par ordre de Contreras, com-missaire général des troupes de Philippe II , le saint-père,qui s’était montré si accommodant, redevint exigeant, et neconsentit à relever le roi des censures de l’Église qu’auxconditions suivantes : « 1° Les ambassadeurs prononceront» au nom du roi une abjuration solennelle et se soumettront» aux cérémonies humiliantes usitées dans l’Église pour ces» occasions. — 2° Le roi de France rétablira le catholicisme» dans le Béarn, prendra sous sa protection tous les prêtres» orthodoxes, et leur donnera des appointements de ses pro-» près deniers, jusqu’à ce qu’il les ait pourvus de bonsbéné-» fices. — 3° Les ecclésiastiques dévoués à la cour de Rome » posséderont seuls les emplois et les dignités de l’Église. —» 4° Sa majesté fera publier et observer les décisions du con-» cile de Trente, quoique ses prédécesseurs les aient dé-» clarées attentatoires aux droits de la nation et destruc-» trices de toute liberté. — 5° Le roi observera un jeûne ri-» goureux pendant neuf mois, récitera soir et malin ses» patenôtres, entendra la messe tous les jours, se confessera» au moins quatre fois l’an, et recevra la sainte communion;« enfin il bâtira un grand nombre de monastères et rappel-» lera les jésuites. »