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VIII.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVI. S.]

les mains de la reine mère les quatre cent mille écus, afinquelle les fît passer à larmée dItalie . La duchesse dAn-goulême ne se défendit pas davoir reçu largent, mais elleprétendit quil provenait de ses biens propres et navait riende commun avec les affaires de létat. Semblançay affirma lecontraire et produisit une quittance motivée. Alors la du-chesse renia sa signature, et fit mettre en jugement ce mal-heureux vieillard comme faussaire. Le procès sinstruisit; etcomme les juges avaient été gagnés, ainsi quil arrive tou-jours dans les causes se trouvent en jeu les intérêts desrois, ce loyal citoyen, qui avait rempli les fonctions desurintendant sous trois règnes, celui que François 1 er ap-pelait son père, fut condamné, malgré son innocence, etattaché au gibet, en expiation du crime de la duchesse dAn-goulême, et pour donner satisfaction au frère de la favoritedu roi de France .

Peu de temps après cette exécution, la reine mère sentitse rallumer son ancienne passion pour le duc de Bourbon;et comme, par la mort de sa femme, il se trouvait libre decontracter une nouvelle union, elle lui fit proposer sa mainpar François I er . Le connétable répondit au roi que jamais ilne consentirait à unir sa destinée à celle dune femme usée parles débauches, continuellement attaquée de la goutte, qui avaitprès de vingt ans de plus que lui, et quon ne craignait pas de

nommer la première p.delà cour. Ce refus exaspéra si fort

le monarque, quil leva la main sur le duc de Bourbon et luidonna un soufflet. Quant à la reine mère, elle dissimula le dépitquelle éprouvait de cet affront et prépara sa vengeance. SiLouise de Savoie neût pas été la mère dun roi, cette ven-