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HISTOIRE DES PAPES.
[XVI. S.]
les mains de la reine mère les quatre cent mille écus, afinqu’elle les fît passer à l’armée d’Italie . La duchesse d’An-goulême ne se défendit pas d’avoir reçu l’argent, mais elleprétendit qu’il provenait de ses biens propres et n’avait riende commun avec les affaires de l’état. Semblançay affirma lecontraire et produisit une quittance motivée. Alors la du-chesse renia sa signature, et fit mettre en jugement ce mal-heureux vieillard comme faussaire. Le procès s’instruisit; etcomme les juges avaient été gagnés, ainsi qu’il arrive tou-jours dans les causes où se trouvent en jeu les intérêts desrois, ce loyal citoyen, qui avait rempli les fonctions desurintendant sous trois règnes, celui que François 1 er ap-pelait son père, fut condamné, malgré son innocence, etattaché au gibet, en expiation du crime de la duchesse d’An-goulême, et pour donner satisfaction au frère de la favoritedu roi de France .
Peu de temps après cette exécution, la reine mère sentitse rallumer son ancienne passion pour le duc de Bourbon;et comme, par la mort de sa femme, il se trouvait libre decontracter une nouvelle union, elle lui fit proposer sa mainpar François I er . Le connétable répondit au roi que jamais ilne consentirait à unir sa destinée à celle d’une femme usée parles débauches, continuellement attaquée de la goutte, qui avaitprès de vingt ans de plus que lui, et qu’on ne craignait pas de
nommer la première p.delà cour. Ce refus exaspéra si fort
le monarque, qu’il leva la main sur le duc de Bourbon et luidonna un soufflet. Quant à la reine mère, elle dissimula le dépitqu’elle éprouvait de cet affront et prépara sa vengeance. SiLouise de Savoie n’eût pas été la mère d’un roi, cette ven-