[XVII. S-l CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 9
royaume. Tels furent les commencements de cette terribleguerre de trente ans, qui ensanglanta l’empire germaniqueet qui transporta en Allemagne le théâtre des intrigues de lapolitique européenne. Celte guerre offre cette singularitéqu’elle ne fut pas le résultat d’une pensée ou d’un plan déter-miné, qu’elle se trouva sans cesse ranimée par des élémentsnouveaux de discordes, et quelquefois par des considérationspolitiques diamétralement opposées à celles qu’avaient res-pectivement défendues les parties belligérantes.
La ligue allemande prit part à cette longue lutte; la vieilleanimosité qui subsistait entre la Hollande et l’Espagne seranima et détermina ces deux puissances rivales à prendreles armes; les étals du Nord et surtout la Suède ne voulurentpoint rester spectateurs inactifs et combattirent contre lesAutrichiens; la France elle-même lit intervenir ses armesdans cette longue et sanglante querelle.
S’il est difiicile de préciser toutes les causes de la guerrede trente ans, au moins peut-on dire, sans crainte de setromper, que la cause première fut le fanatisme de Ferdi-nand et sa cruauté naturelle, qui le poussèrent à prendredes mesures impoliliques contre les Bohémiens, pour lesconvertir au papisme.
L’empereur ne se regarda pas comme suffisamment vengéde Frédéric Y, quoiqu’il l’eût forcé de fuir de la Bohême, ilvoulut le poursuivre jusque dans ses états et lui enlever sontitre d’électeur; en conséquence , il mit le prince au ban del’empire, et investit le duc de Bavière du Palatinat . Les élec-teurs protestants s’émurent de cet abus de l’autorité impé-riale; et quoique la guerre parût entièrement terminée, lesix. 2