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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S-l
ressentiments se propagèrent avec rapidité en Hongrie etdans toute l’Allemagne , et firent naître des troubles quiprirent le caractère révolutionnaire qui, depuis cette époque,devint particulier à la guerre de trente ans.
Pour comprimer l’explosion des haines dont il était l’objet,Ferdinand résolut, à l’instigation des jésuites, de faire untraité d’alliance offensive avec le roi d’Espagne Philippe III ,et de s’entendre avec la cour de Madrid pour exterminer si-multanément les protestants de la Hollande et de l’Allemagne ,et pour rétablir leur autorité despotique sur ces contrées. Parsuite de ce pacte, les troupes espagnoles qui gardaient lesprovinces belges catholiques envahirent le Palatinat par lenord, pendant que l’armée des impériaux, commandée par legénéral Tilly, attaquait le midi.
Christian IV , roi de Danemarck, accourut au secours desprotestants, refoula les Espagnols et les impériaux, et sansaucun doute il eût fait triompher la cause de ses coreligion-naires, si par malheur il n’eût rencontré sur son chemin leterrible Wallenstein , espèce de capitaine aventurier qui étaitdoué de grands talents militaires, et que l’empereur avaitnommé généralissime de ses armées. Le roi de Danemarck futbattu dans la fameuse bataille de Lutter; le comte Mansfeldlut également repoussé jusqu’en Hongrie , et les Autrichienspurent sillonner toute l’Allemagne et s’établir en conquérantsdans les villes protestantes.
Wallenstein, maître absolu des côtes de la Baltique , etcommandant une armce de cent mille hommes qui lui étaittoute dévouée, songea à son tour à tirer parti de sa position;d’abord il s’arrogea le litre de général de la Baltique ; ensuite