[XVII.S ] CRIMES DES ROIS, des REINES ET des EMPEREURS. 11
il se fit investir du Mecklenibourg. Dès lors cet ambitieuxn’aspira qu’à mettre sur sa tête les couronnes de Danemarcket de Suède ; et une fois reconnu souverain de ces deux pays,il eût été réellement difficile de prévoir jusqu’où la fortunel’aurait poussé. Mais l’ombrageux Ferdinand, ayant conçuquelques soupçons, entreprit fort malencontreusement pourson général de faire cesser ses rêves. 11 lui envoya brusque-ment l’ordre de lever le siège de Slralsund, qu’il tenait blo-quée, et de traiter avec les habitants. Le fier Wallenstein netint aucun compte des lettres de son souverain, et n’en pressala place qu’avec plus de vigueur; néanmoins il ne put s’enemparer par suite de l’arrivée de Gustave-Adolphe , qui ame-nait trente mille hommes de vieilles troupes au secours deson allié le roi de Danemarck. L’empereur expédia de nou-veaux ordres à son généralissime et l’obligea à entamer desnégociations avec Christian IV .
Cette fois, Wallenstein ne put se dispenser d’obéir; ilfut contraint de signer la paix avec le Danemarck et de se re-tirer du nord de l’Allemagne . Il était temps pour les infor-tunés habitants d’être délivrés de ce monstre et de ses hordesd’Autrichiens, car la misère était si affreuse, qu’on trouvaitpar milliers dans les campagnes des malheureux qui brou-taient l’herbe comme des animaux, et dans les villes, ce quiest horrible à dire ! des hommes qui déterraient des cadavrespour assouvir leur faim, des enfants qui tuaient leurs parentspour les dévorer, et des mères qui étouffaient leurs enfantspour se nourrir de leur chair.
A son retour à Vienne, Wallenstein fil à l’empereur le ré-cit de toutes ces atrocités, ce qui le réjouit singulièrement,