[XVII. S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 23
pouillé de tous ses privilèges et était devenu province héré-ditaire. La Hongrie avait été également courbée sous unjoug de 1er, sans que Léopold eût encore osé lui enlever sanationalité, par la crainte de mécontenter les princes deTransylvanie . Dans cette occurrence, les jésuites, qui prési-daient depuis longues années à toutes les déterminations ar-rêtées dans le cabinet de Vienne, se chargèrent d’entreteniren Hongrie les querelles des partis religieux pour faciliterl’exécution des projets de sa majesté.
.Mais il arriva ce que personne n’avait prévu : les Turcs,instruits des dissensions qui existaient dans ce malheureuxpays, conçurent l’espoir de s’en emparer; le grand vizirAchmet Kiouperli, qui sous Mahomet IV gouvernait l’empire Ottoman , passa la Drave et le Danube avec une armée de centmille hommes, menaça Vienne et vint jusque sous les mursd’Olmutz . La présence de l’ennemi rendit inutiles les effortsde Léopold pour rassembler une armée ; bientôt il fut obligéde mendier des secours aux étrangers, et de convoquer ladiète, afin d’en obtenir des hommes et des subsides. Lesélecteurs lui accordèrent les contingents et les contributionsqu’il demandait; la France lui envoya également un corps-de six mille hommes de vieilles troupes sous la conduite ducomte de Coligny et du marquis de la Feuillade, qui se réu-nirent à l’armée que les états avaient rassemblée sous lesordres de Raimond, comte de Montécuculi . Le capitaine ita-lien se porta rapidement sur le théâtre de la guerre, etquoique ses forces fussent de beaucoup inférieures à cellesdu vizir, il obtint plusieurs avantages; déjoua par l’habiletéde ses manœuvres tous les projets d’Achmet Kiouperli, et