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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
et contraria singulièrement les chefs musulmans, qui secroyaient à la veille de prendre la place; ce désappointementse changea môme bientôt en véritable consternation lors-qu’ils aperçurent l’armée combinée des Polonais et des im-périaux descendre lentement dans la plaine et présenter labataille. A la précision des manœuvres, Ivara Mustapha re-connut Sobieski , et eut l’imprudence de s’écrier: «Malheur!» malheur! le roi de Pologne est là! » Ces paroles circulèrentrapidement dans les rangs des infidèles et répandirent un telellroi, que tous n’opposèrent qu’une molle résistance auxcharges impétueuses de leurs adversaires, se replièrent peu àpeu, et finirent par lâcher pied après trois heures de combat,laissant au pouvoir de l’ennemi les tentes, les bagages, lesmunitions de guerre et de bouche, cent quatre-vingts piècesde canon, les insignes de la dignité de grand vizir, et un éten-dard qu’on supposa être celui de Mahomet .
Le lendemain, le roi de Pologne entra à Vienne par unedes brèches que le canon des Turks avait faites aux murailles,et fut reçu comme un dieu par cette population qui, deuxjours auparavant, n’avait en perspective que la mort ou l’es-clavage. Sobieski ne resta qu’une seule journée dans la ville,retourna à son camp, puis écrivit à Léopold qu’il pouvaitrevenir à Vienne. Le lâche monarque accourut en toute hâte,et fit son entrée dans la capitale, à pied, un flambeau à lamain, suivi d’une cohorte de jésuites, et au milieu des mur-mures d’un peuple indigné de sa couârdise.
Sentant vivement la différence qui existait entre les trans-ports d’enthousiasme qui avaient accueilli le roi de Pologne lors de son entrée dans la capitale de l'Autriche et les ma-