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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 81

de la branche d’Allemagne ; puis il procéda au couronnementde l'archiduc Joseph, son lils, qui n’avait pas dix ans.

Quelques années après, les Turks reparurent dans la Tran-sylvanie , menacèrent l’empire, et s’établirent même dans laHongrie , sous la conduite du sultan Muslaplnf II. C’est alorsque le prince Eugène de Savoie, chassé de France par lesmépris de Louis XIV , parut pour la première lois à la têtedes armées impériales. Le nouveau général rencontra lesTurks à Zentha, sur la Theiss, dans un camp retranché entête de pont, et déjà il se préparait à livrer bataille, lorsqu’ilreçut un ordre de l’empereur qui lui défendait d’engageraucune affaire avec l’ennemi. Malgré cette défense, Eugène,qui voyait que la victoire lui était assurée par ses dispositions,donna l’ordre de l’attaque, foudroya les ennemis avec sonartillerie, les lit ensuite charger par sa cavalerie, les culbutadans le fleuve, et leur tua plus de trente mille hommes ; lereste de l’armée mit bas les armes, se rendit prisonnier, etabandonna aux Autrichiens un immense matériel d’artillerieet d’équipages. Jamais victoire plus complète et plus décisiven’avait été obtenue par les armées impériales. C’était trop degloire pour un homme; Léopold en conçut une telle jalousie,qu’au lieu de récompenser magniliquement le vainqueur lors-qu’il revint à Vienne pour déposer à ses pieds les trophéesremportés sur les ennemis, il lui fit demander son épée, etdonna l’ordre de le traduire devant un conseil de guerrecomme coupable de haute trahison.

Cette nouvelle marque d’ingratitude, qui rappelait l’odieuseconduite du souverain envers Sobieski, exaspéra la popula-tion de Vienne ; les citoyens se rassemblèrent en tumulte sous