[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 33
se rendit à l’ennemi; une armée gallo-bavaroise se dirigeaitvers les états héréditaires et se préparait à faire une jonctionavec les Hongrois , qui venaient de se révolter de nouveau etde reconnaître pour chef le jeune Ragocky. Déjà mêmecelui-ci s’était assuré des passages sur le Danube , sur la* jVlorave et sur le Waag, pour seconder les opérations desFrançais, qui voulaient pousser une pointe sur Vienne ,lorsque le prince Eugène accourut avec ses troupes sur lespoints menacés, vint sauver encore une fois la capitale,refoula l’armée gallo-bavaroise et lui lit essuyer des pertesconsidérables dans la fatale journée de llochstedt. Léopoldcrut que la fortune était revenue sous ses drapeaux ; il ré-solut de ne point laisser échapper l’occasion de reprendretous ses avantages, il leva des impôts extraordinaires, recrutade nouvelles troupes, organisa deux armées formidables, etse prépara à envahir simultanément la Hongrie et l’Espagne pour frapper un grand coup. Mais la mort ne lui permit pasd’exécuter ses projets ; il succomba à une maladie de lan-gueur le 6 mai 1705, après avoir bouleversé l’Europe pen-dant un demi-siècle.
Ce prince, à l’exemple de Louis XIV , s’était fait donnerpar ses flatteurs le surnom de Grand, titre glorieux que lapostérité ne lui a point confirmé. .Cependant nous devonsconvenir que Léopold avait protégé les sciences et les arts,avaitfondé les universités d’inspruck et de Breslau , ainsi queplusieurs collèges et sociétés littéraires. 11 aimait surtout lesmusiciens, les recevait à sa table, conversait familièrementavec eux. « Son goût pour la musique était une véritable» passion, dit Duclos, car le jour où il mourut, après avoirix, 5