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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
prendre une détermination énergique parce qu’il manquaitde courage pour l’exécuter, il agit sourdement, prépara sesbatteries dans l’ombre et ne mit personne dans sa confidence,si ce n’est un de ses compagnons de jeu de paume, le jeuneAlbert de Luynes, en qui il avait une grande confiance, etdont il fit plus tard son principal ministre. ,
Ce favori, qui joua un rôle très-important sous le règnet de Louis XIII , était d’une famille extrêmement infinie; carle cardinal de Richelieu dit, dans ses mémoires, que le pèred’Albert de Luynes était simplement un bâtard de maîtreGuillaume Ségur, chanoine de l’église cathédrale de Mar seille ; qu’il avait tiré son nom d’une petite maison que cetecclésiastique possédait sur les bords d’une rivière nomméeLuynes, entre Aix et Marseille, et qu’il avait pris le surnomd’Albert de sa mère, qui servait de chambrière au chanoine;que ce bâtard s’étant fait soldat, était parvenu à se faire re-cevoir archer de la garde, et qu’il s’était acquis une réputa-tion de brelleur pour avoir tué en duel, dans le bois de Vin-cennes, plusieurs de ses camarades; qu’ensuite il avait obtenu,en récompense de sales services, le gouvernement du Pont- Saint-Esprit , et qu’il s’était marié à une demoiselle de Saint-Paulet, femme adroite et violente ; que ce couple ayant amasséun peu d’argent par extorsion, avait fait l’acquisition d’unepetite maison appelée Montmirail , d’une chétive métairienommée Brante, et d’une île que le Rhône avait presque touterongée, et qu’on nommait Cadnet. Le cardinal ajoute queU tous leurs biens et leurs acquêts pouvaient valoir douze» cents livres de rentes, et qu aussi ne purent-ils suffire aux» dépenses de la famille lorsque le gouvernement du Pont-