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IX.
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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 51

le pire des malheurs pour une nation était que la race desrois vînt à s’éteindre.

Cette alliance augmenta encore les divisions qui existaientà la cour ; car Anne d’Autriche ayant montré quelque vel-léité de prétentions au gouvernement du royaume, Marie deMédicis se mit en devoir d’inspirer à son fils de l’éloignementpour sa femme; ce qui ne lui fut pas difficile, vu le caractèresombre, morose, inquiet’, défiant de Louis XIII , et surtouten raison de ses habitudes vicieuses et de ses goûts honteux.Le roi s’éloigna de sa jeune épouse et parut la négliger en-tièrement; celle-ci ne tarda pas à l’accuser d’impuissance età se dédommager avec des amants des froideurs de son mari.

La reine mère croyant alors n’avoir plus rien à redouterde sa belle-fille, ne se fit aucun scrupule de braver l’opinionpublique et de combler Léonore Galigaï et le maréchald’Ancre de tant de faveurs, de dignités et de pensions, qu’ilsemblait que la reine eût pris à tâche d’enlever au peuplejusqu’à ses dernières ressources pour gorger d’or et d’argentcette famille italienne.

Louis XIII , quoique décidé à enlever le pouvoir à sa mère,hésitait à frapper le grand coup, parce qu’il prévoyaitqu’il serait obligé de faire tuer le maréchal d’Ancre pourse séparer de la reine, et qu’il lui répugnait encore detremper ses mains dans le sang d’un homme qui passait pourson véritable père. Mais un incident, en apparence fort in-signifiant, fit taire ses scrupules, et amena la sanglante cata-strophe qui devait terminer la vie du favori de Marie deMédicis .

Un jour, Goncini jouant au billard avec le roi, et se