[XVII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. G3
» Contades se chargeassent des frais de ses funérailles,» quoique ses frères le maréchal de Chaulnes et le duc de» Luxembourg fussent alors à l’armée. »
Aussitôt que Marie de Médicis eut connaissance de la mortdu connétable, elle envoya Marillac auprès du roi pour solli-citer une entrevue et pour le féliciter d’être affranchi de latyrannie du favori. Louis XIII fit répondre à sa mère qu’il yavait longtemps qu’il lui tardait detre délivré de Luynes;qu’à l’avenir il n’aurait ni favori ni connétable, et que sonprincipal soin serait de lui faire connaître qu’il l’avait tou-jours tendrement aimée.
On jugea par cette réponse que la reine mère allait re-prendre l’empire quelle avait exercé si longtemps sur sonfils; et aussitôt ceux qui redoutaient de se voir exposés auressentiment de cette femme vindicative s’empressèrent au-près du monarque pour le détourner de sa résolution de voirsa mère. Le prince de Coudé , celui qui, pendant les troublesde la régence, avait été le chef des mécontents, et qui, pource sujet, avait été privé de ses biens par Marie de Médicis etenfermé à la Bastille, adressa d’énergiques représentationsà Louis XIII pour le dissuader de se rendre à Paris , où samère l’attendait. Tout fut inutile, le roi persista dans sadétermination; il quitta la Guyenne, rentra dans la capitale,se réconcilia avec Marie de Médicis , et lui donna place auconseil.
La reine mère se servit de son influence pour faire nom-mer cardinal l’évêque de Luçon , son amant, et voulut mêmelui obtenir l’entrée du conseil. Pour cette dernière affaireelle eut besoin de toute sa persévérance, car Louis XIII dé-