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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 73

Richelieu et Louis XIII applaudirent à ces désordres, quiempêchaient Gaston dOrléans de soccuper des affaires dugouvernement ; et pour le tenir de plus en plus sous leur dé-pendance, ils développèrent chez lui la fatale passion du jeu,et lui donnèrent autant dor quil en voulut pour combler lespertes énormes quil faisait chaque jour.

Cependant la reine-mère navait pas renoncé à lespoir dereconquérir le pouvoir, et cherchait à négocier un nouveaumariage pour Gaston, afin de diminuer linfluence du mi-nistre. Mais toutes ses démarches à ce sujet furent traverséespar le rusé cardinal, qui non content de faire avorter sesprojets, chercha encore à entretenir la nation dans lidée quele roi pouvait avoir des enfants, et commanda par prévoyancedes neuvaines solennelles dans tout le royaume. On racontequà cette occasion le duc dOrléans, qui depuis longtempsavait cessé toutes relations intimes avec Anne dAutriche ,layant rencontrée à sa sortie dune église lon avait célébréun service pour sa fécondité, lui dit fort gaiement : « Ma-» dame, vous venez de solliciter votre juge contre moi; je» consens à être damné si vous gagnez le procès, pourvu» que monsieur le cardinal ni aucun autre de la ville ou de la» cour ne prenne la place du roi. »

Marie de Médicis ne prit pas la chose aussi légèrementque son fils; elle comprit que Richelieu avait fait consentirLouis XIII à accepter pour héritier le premier bâtard quelui donnerait sa femme, afin de conserver lexercice de lau-torité; et sa haine contre le cardinal en devint dautant plusviolente, que celui-ci sétait fait donner par le roi des lettrespatentes de premier-ministre, titre que personne avant luiîx. 10