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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 75

Les deux reines nagissaient pas seules contre le cardinal ;les courtisans délibéraient ouvertement sur le parti quonaurait à prendre à légard de Richelieu , dans le cas le roiviendrait à mourir. Le maréchal de Marillac proposait delassassiner; le duc de Guise voulait quon lexilât; Bassom-pierre demandait pour lui une prison perpétuelle. De soncôté, le cardinal, qui était venu à Lyon dès quil avait étéinstruit de la gravité du mal, ne paraissait plus avoir grandeconfiance dans lavenir, et avait déjà fait disposer des relaispour gagner Avignon au premier moment.

Cette précaution devint inutile, Louis XIII se rétablit et futbientôt en état de se rendre à Paris . Néanmoins Richelieu nétait point sans éprouver de sérieuses inquiétudes sur lesdéterminations ultérieures du roi, et sur la nature de sessentiments à son égard; il chercha pendant le voyage à re-gagner les bonnes grâces de la reine-mère, et mit tout enjeupour la rattacher à sa cause. Marie de Médicis demeura in-flexible; et dès que la cour fut rentrée à Paris , elle sommale roi de tenir le seraient quil lui avait fait dans sa dernièremaladie, de renvoyer le ministre.

Louis XIII , ainsi que font ordinairement les hommesfaibles et pusillanimes, nosa pas prendre une résolutionénergique; il ne voulut ni mécontenter sa mère ni chasser Jecardinal ; il essaya de justifier Richelieu des accusations queportaient les deux reines contre lui ; il implora en sa faveurle pardon de Marie de Médicis , et se mita deux genoux devantelle pour quelle nexigeât pas son renvoi.

Indignée de tant de lâcheté, la reine-mère se relira dansses appartements, et sur 1 heure même fit justice du cardinal