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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S-l
» N’a-t-il pas une armée de mer, d’immenses trésors et des» gardes attachés à sa personne? Ne tient-il pas toutes les clefs» de la France dans ses mains? N’a-t-il pas transformé les» prisons en sépultures pour y ensevelir vos véritables ser-» viteurs et tous vos sujets ? votre mère, votre épouse et» moi-même, n’avons-nous pas été déclarés coupables de» crimes de lèse-majesté, parce que nous refusions d’obéir
» aux ordres de votre ministre?.»
Ce manifeste causa une grande sensation en France ; leparlement nomma une commission pour qu’il fût informésur les accusations portées contre le cardinal Richelieu ; enmême temps, Gaston, aidé du duc de Lorraine , dont il de-vait épouser la sœur, leva une armée de douze mille fantas-sins et de cinq mille hommes de cavalerie, et grâce auxsommes considérables que l’infante, gouvernante des Pays-Bas, lui avait envoyées, il se trouva en état d’acheter la dé-fection des gouverneurs de Calais et de Verdun . Toutes cesaccusations et tous ces préparatifs n’effrayèrent point Riche-lieu; il fit imposer silence au parlement par le roi. Sur unsimple soupçon que les gouverneurs de Verdun et de Calais étaient en correspondance avec le prince, il fit décapiter lepremier et emprisonner le second; ensuite il envoya de-mander au duc de Lorraine des explications sur sa conduite.Celui-ci voyant l’orage prêt à fondre sur ses provinces, etayant eu le temps de juger que Gaston n’avait ni l’audace niles talents nécessaires pour exécuter une grande entreprise,désavoua le projet de mariage de sa sœur, et affirma quel’armement fait dans ses provinces était destiné à venir ausecours de l’empereur contre le roi de Suède . Alors le car-