[XVII. S.J CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 103
triche elle-même ne fut pas exempte de cette brutale perqui-sition ; seulement le chancelier ne voulut pas qu’elle se dé-pouillât de ses vêtements, et se contenta de faire son examenjusqu’à la ceinture. On ne trouva aucune trace de complotsni de projets de conspirations avec l’Espagne ; et Richelieudut se contenter de plusieurs liasses de lettres d’amour quirévélaient d’horribles mystères. Anne d’Autriche se regardacomme perdue, et voyant qu’elle n’avait d’autre moyen desortir de ce mauvais pas qu’en mettant le cardinal dans sesintérêts, elle se décida à surmonter la répugnance qu’il luiavait toujours inspirée, le fit mander auprès d’elle, et luidonna à entendre quelle ne mettrait aucunes bornes à sareconnaissance pour celui qui la ferait rentrer en grâceauprès de son mari.
Dès ce moment, le meilleur accord parut exister entre leministre et la reine; la vieille passion que Richelieu avaitressentie pour sa souveraine sembla renaître, et quelquesjours après, le roi appelait Anne d’Autriche « sa très-chère» épouse. » — De quelle manière celle-ci témoigna-t-elle sareconnaissance au cardinal, c’est ce que l’on ignore; on ditseulement qu’à un mois de là, mademoiselle de la Fayette,à l’instigation de Richelieu, écrivit au roi, qui était à Gros-Bois, de venir lui rendre une visite; qu’elle se montra pluscaressante qu’elle n’avait jamais été; qu’elle resta enferméeavec Louis XIII pendant quatre heures entières sans témoins,et qu’elle ne lui permit de la quitter que fort avant dans lasoirée. Gomme on était dans les derniers jours de décembre,le roi ne voulut pas retourner à Gros-Bois et se décida àpasser la nuit au Louvre; mais un hasard singulier voulut