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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
qu’il ne se trouvât dans son appartement ordinaire ni siège,ni table, ni lit; la reine lui ayant proposé de partager sonsouper et son lit, il accepta.
Cette partie avait été arrangée, sans doute, Tort à propos,car Louis Xlll quitta Paris dès le lendemain ; et huit joursaprès, Anne d’Autriche annonça publiquement qu’elle avaitreconnu à divers symptômes qu’elle était enceinte. Le car-dinal s’empressa d’ordonner des prières publiques pour re-mercier Dieu de ce qu’il permettait que la reine donnât undauphin à la France après vingt-deux ans de stérilité.Louis XIII n’osa pas faire éclater son ressentiment ; la craintede perdre sa couronne et de voir son frère accourir à la tètedes mécontents du royaume pour revendiquer ses droits àsa succession, l’empêcha denier sa paternité; toutefois ilrefusa de vivre depuis avec sa femme, et il rompit toutes re-lations avec mademoiselle de la Fayette. La reine, assuréede l’impunité par suite de la liaison qui s’était établie entreelle et le ministre, ne s’inquiéta plus de son mari; elle neprit pas même la peine de cacher ses intrigues amoureusesavec les seigneurs de la cour ; et lorsque, deux années après,elle devint enceinte du jeune duc de Beaufort, l’un de sesamants, qui plus tard fut surnommé le roi des halles, ellene couvrit point le scandale de cette nouvelle grossessecomme elle avait fait la première fois; quoiqu'il lut à laconnaissance de toute la cour que depuis trois ans elle n’avaiteu aucunes relations intimes avec son mari, elle eut l’audacedéfaire nommer le bâtard dont elle accoucha, Philippe de France et de lui donner le titre de duc d’Anjou, qu’il échan-gea dans la suite contre celui de duc d’Orléans. Ce prince