[XVII. S.] CRIMES des ROIS , des REINES et des EMPEREURS. 121
menacer la reine de faire assassiner son nouvel amant, celle-ci ne garda plus de mesures, le fit arrêter sur l’heure et con-duire au château de Vincennes : en même temps elle exiladans leurs terres le duc et la duchesse de Vendôme , ainsique le duc de Mercœur leur fils, et quelques autres chefs dela cabale des importants. Cet acte de sévérité fit beaucoupd’éclat et ne laissa pas que de jeter une certaine perturbationdans les esprits; puis, comme tout s’oublie facilement à lacour, les intrigues galantes, les fêtes, les bals et les chassesreprirent leur train accoutumé, et personne ne songea da-vantage ni aux importants ni au duc de Beaufort. Madame deChevreuse seule essaya de monter une nouvelle cabale et dese servir de son ancien ascendant sur la régente pour la déciderà rompre avec le cardinal. Tous ses efforts n’aboutirent qu’àaffermir la position de Mazarin , et à faire voir au grand jourle crédit immense dont il jouissait auprès d’Anne d’Autriche ,puisque cette reine, pour conserver et défendre son ministre,ne craignait pas de bannir de la cour une ancienne favoritequ’elle avait tendrement aimée, un autre amant, le père d’unde ses enfants, et même un prince du sang, le duc de Ven-dôme , qu’elle avait tant d’intérêt à ménager.
Devenu maître absolu de la France par la volonté de sasouveraine, le cardinal Mazarin prit en main les rênes del’état, et suivit le déplorable système politique adopté parRichelieu, qui consistait à écraser la nation d’impôts, à éleverle pouvoir royal au-dessus des lois, et à lancer le pays dansdes guerres inter-minables, pour occuper les esprits et tra-vailler plus sûrement à son asservissement.
La lutte avec l’Autriche , un moment interrompue par laix. 16