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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 1S3

Turenne, l’ancien allié des Espagnols , guerroyant contre sonpays, avait été vaincu par Condé ; et celui-ci, devenu à sontour transfuge, se faisait battre par Turenne.

Pendant l’éloignement du ministre j le parlement avait es-sayé de sortir de l’abaissement où il était tombé, et avaitrefusé d’enregistrer de nouveaux édits bursaux dont l’oppor-tunité ne lui semblait pas suffisamment justifiée. Louis XIV ,qui venait de rentrer à Paris , exaspéré par l’opposition quefaisait le parlement à son ministre, se regarda comme per-sonnellement outragé, et sans calculer sa démarche, s’aban-donnant à la fougue d’un caractère impétueux et altier, ilcourut au palais de justice à la tête d’une compagnie de sesgardes, entra dans la salle des délibérations, botté, épe-ronné, en équipage de chasse, un fouet à la main, et com-manda impérieusement aux conseillers d’enregistrer sesédits ! Par malheur, il ne se trouva pas dans le parlementun seul homme assez hardi pour répondre à ce despote inso-lent, pour lui jeter à la face l’infamie de sa mère, l’illégiti-mité de sa naissance, pour appeler le peuple aux armes etpour chasser du sanctuaire de la justice ce tyran imberbequi n’avait pas encore dix-sept ans ! Les conseillers eurentpeur et enregistrèrent les édits.

L’argent que firent entrer dans le trésor les nouveaux im-pôts fut dépensé en fêtes et en carrousels donnés en l’Jionneurde la favorite, « que le roi continuait d’aimer, dit madame» de Motteville, quelquefois plus, quelquefois moins, caries» filles d’honneur de la reine mère commençaient à lui dis—» pu ter la conquête du monarque. » Anne d’Autriche craignitnéanmoins que dans un de ces moments où la passion de sonix. 20