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IX.
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[.XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 163

plaies profondes qui existaient dans le corps social, Colbert lit publier l’édit suivant au nom du roi : « Notre intention est» de faire connaître à tous nos gouverneurs et intendants en» quelle considération nous avons à présent ce qui concerne» le commerce, et pourquoi nous voulons qu’ils emploient» leur autorité à faire rendre justice aux marchands, afin» qu’ils ne soient point distraits de leur négoce par les en-» traves de la chicane. Nous avons résolu en outre d’em-» ployer chaque année un million de livres pour le rétablis-» sement des manufactures et l’augmentation de la navigation.» Nous avons également reconnu que le moyen le plus puissant» et le plus essentiel pour le rétablissement du commerce est» la diminution des droits à prélever sur les marchandises;» en conséquence, nous avons ordonné de réduire tous les» droits perçus jusqu’à ce jour de province à province, en» un seul droit d’entrée ou de sortie aux frontières de nos» états, et même de les diminuer considérablement, afin» d’encourager la navigation, de rétablir les anciennes ma-» nufactures, de bannir le désœuvrement, et de détourner par» des occupations honnêtes l’inclination d’un grand nombre» de nos sujets à une vie rampante, sous le titre de divers» offices sans fonctions, et qui infestent et ruinent la plupart» de nos provinces. » Cette dernière considération n’étaitpas sans importance alors; car l’examen des charges ven-dues fit découvrir qu’il existait plus de cinquante mille fa-milles employées à des fonctions auxquelles six mille auraientamplement suffi.

Le ministre défendit en outre aux agents du fisc, contrai-rement aux usages établis, de saisir pour le payement des